Gaël Labousse

Titre de la thèse : De la restitution numérique de sites archéologiques à la préservation du patrimoine culturel : Création et développement de projets interactifs et participatifs de visualisation en 3D temps réel au moyen de la photogrammétrie numérique.

Sous la direction de : Chu-Yin Chen

Mots-clés : Photogrammétrie, Archéologie, Numérique, Préservation, Patrimoine, Culture, Interactif, 3D, temps réel, Archivage, Sauvegarde, Numérisation.

Photo de Gael LabousseIconem :

En 2013, Philippe Barthélémy, pilote d’hélicoptère et Yves Ubelmann, architecte, fondent la société Iconem. Cette entreprise a comme objectif de sauvegarder et de numériser le patrimoine historique et archéologique en danger. Soutenu par différents acteurs internationaux tel que l’Unesco, l’Inria ou encore Microsoft Research, Iconem numérise différents sites archéologiques grâce à la technique de la photogrammétrie numérique. Cette technique consiste à obtenir un modèle tridimensionnel par l’acquisition et le traitement informatique d’un grand nombre de clichés photographiques. Ces modèles 3D sont par nature des traces numériques d’un instant T des sites historiques visités, mais peuvent également servir aux archéologues d’outils de travail afin d’y retranscrire des relevés géologiques. Iconem est une société pluridisciplinaire par la diversité professionnelle de ses employés (architectes, ingénieurs, infographistes) et lie étroitement l’art et les nouvelles technologies.

 

Résumé temporaire :

Depuis des millénaires, l’humanité tente de laisser une trace de son passage sur terre. Cette volonté s’est exprimée sous diverses formes, des fameuses fresques rupestres préhistoriques aux temples religieux monumentaux de l’antiquité. Ces peintures, sculptures et architectures façonnées par l’Homme sont aujourd’hui considérées en tant que vestiges patrimoniaux. Elles constituent le témoignage d’une civilisation, d’une culture, d’une organisation politique ou d’un mode de vie passé. Malheureusement, ces vestiges tendent à disparaitre au fil du temps, que ce soit lors d’intempéries, de destructions, de pillages ou d’abandons. C’est en majeure partie grâce aux archéologues, réalisant opérations de fouilles et relevés scientifiques, que ces sites ou artefacts archéologiques parviennent jusqu’à nous. Nous sommes aujourd’hui en mesure de garder une trace de ce patrimoine sur différents supports tels que l’écriture, la photographie, la vidéo et depuis peu le numérique.

De récentes innovations technologiques offrent aujourd’hui la possibilité de conserver ces documents dans des bases de données numériques locales ou en réseau grâce à la numérisation. Nos vestiges patrimoniaux peuvent aujourd’hui être soumis à de nouvelles techniques de digitalisation telles que la photogrammétrie, qui permet, à l’issue d’opérations de relevés photographiques, de conserver un sujet en trois dimensions sur un support numérique. Ce sujet peut ainsi être archivé et consulté »

La numérisation de sites ou d’artefacts patrimoniaux implique différentes problématiques, qu’elles soient d’ordre technique, muséographique ou qu’il soit question d’interactivité.

La « copie source » d’un site archéologique est un maillage tridimensionnel associé à une ou plusieurs textures pouvant parfois atteindre un important volume de mémoire numérique. Il existe donc également une problématique à part entière quant au stockage de ces archives. Quelles sont les technologies de stockage les plus adaptées à l’archivage des maillages et à leur visualisation en temps réel ? Au-delà de la sauvegarde des données, il faut bien évidemment entreprendre une analyse de leurs modalités de préservation, c’est-à-dire se demander dans quelle mesure elles resteront lisibles et utilisables à l’avenir. En effet, tout laisse à penser que d’ici quelques années, des extensions de fichiers, des logiciels, des systèmes d’exploitation et des machines seront amenés à disparaître. Comment pouvons-nous mettre en place une charte de préservation de ces archives afin de les conserver ? Au même titre que la photocopie d’une photocopie ou la duplication d’un CDrom lui-même dupliqué, la transcription d’une copie tend à se dégrader ce qui mène à la perte de toutes les informations retranscrites. Se peut-il que le facteur humain, par la manipulation répétitive de ce fichier, soit partiellement ou totalement à l’origine de la détérioration ? Quelles conséquences cela peut-il engendrer sur le fichier ?

Développer et créer des contenus numériques au service du patrimoine historique et archéologique, qu’il soit en danger ou non, implique bien évidement une réflexion sur sa mise en valeur dans un cadre muséographique. Au même titre que des restitutions sculpturales ou picturales, les numérisations de sites ou sujets archéologiques ont leur place au sein d’une exposition. L’intégration de documents photogrammétriques au sein de dispositif muséographie traditionnels va-t-il impliquer une refonte de certains codes scénographiques ? Comment mettre en valeur un modèle 3D photogrammétrique représentant un site archéologique patrimonial ? Quels sont les dispositifs existants à ce jour permettant aux spectateurs de jouir de ces nouvelles archives ? Quels sont les enjeux et les apports culturels et éducatifs de la copie numérique d’un site archéologique au sein d’une exposition ?

La diffusion des données soulève de nombreuses questions. Comment donner accès au plus grand nombre à des archives numériques stockées sur des disques durs, serveurs, clouds ou bases de données ? Quelles problématiques techniques la diffusion de données pouvant dépasser le gigaoctet peut-elle poser ? Peut-on trouver un système d’archivage par metadata ? Observer une archive numérique tridimensionnelle offre au lecteur la possibilité de visualiser le sujet sous tous les angles. Quel est le viewer et quel est le langage informatique associé susceptibles d’offrir la meilleure expérience de visualisation d’une œuvre en trois dimensions ?

En plus d’être visualisable, cette copie numérique pourrait être associée à un dossier contenant différentes données relatives au sujet. Ces données pourraient être affichées en temps-réel sur le maillage 3D et ainsi offrir une expérience interactive au lecteur. Par ailleurs, comment le lecteur ou chercheur peut-il venir contribuer à accroitre la richesse de ce dossier ?

 

Expositions / Festivals (en France ou à l’international) :

Exposition « Sites Eternels. De Bâmiyân à Palmyre », 14 Décembre 2016 - 09 Janvier 2017 Grand Palais, Galerie sud-est, Paris.

 

Activités d’enseignements :

Workshop « Perception Libre # 1 », Janvier 2016, EESAB Site de Brest.

Workshop « Perception Libre # 2 », Janvier 2017, EESAB Site de Brest.

 

Site personnel :

https://gael-labousse.com/

 

Lien vers theses.fr :

http://theses.fr/s167961