Marlène Puccini (MCF)

Photo de Marlène PucciniMaître de Conférence à ATI depuis 2005, mon intérêt pour les "Nouvelles Technologies de l’Image" et les "dispositifs-images-installation" est lié à ce qu’ils exigent du regardeur une nouvelle posture. Cette question me passionne et ce que j’aime partager avec les étudiants est ce champ expérimental qu’ils développent. La partie théorique de mon enseignement repose sur l’histoire de l’art et l’invention de dispositifs nouveaux pour « faire image » et « représenter ». Je parle tout autant de la Tavoletta par Brunelleschi qui démontre la perspective, du cinématographe qui inscrira l’histoire du mouvement dans la représentation, mais aussi la synthèse numérique de l’image que permet l’ordinateur et qui donne naissance à de nouvelles spatialités virtuelles, des hybridations entre Réel-Virtuel, au temps réel ainsi qu’à l’interactivité qu’elle soit réactive ou intelligente (...).Je montre que chacune de ces "avancées", tant technologiques que scientifiques, posent nouvellement la question des « perceptions » que ces nouveaux dispositifs impliquent. Afin de m’expliquer sur ces questions, je choisis, toujours, de partir des œuvres d’artistes afin de bien placer la réflexion théorique sur le terrain des œuvres. Mon cours, intitulé « Espace Réel - Espace Virtuel », permet aux étudiants d’expérimenter et confronter, artistiquement, ces deux notions (Réel, Virtuel) au sein d’une création. (installation ou dispositif-image).

Contact : marlene.puccini@univ-paris8.fr

Champs de recherche

Perceptions exquises Nouveaux champs de perceptions et représentations impliqués par les Nouvelles Technologies : perception d’objet, perception d’état, perceptions ego et allocentrique et perception du déséquilibre. La perception infime du mouvement comme source d’une esthétiques des « perceptions exquises » : recherches et expérimentations sur le seuil de perception, sur la domination de la perception visuelle sur les autres perceptions, sur les perceptions ego et allocentrique et sur la perception du déséquilibre. Cette question de l’équilibre et des perceptions limites a été approfondie grâce à un dialogue soutenu avec le Professeur Alain Berthoz, spécialiste du mouvement, de l’action et de la perception et Directeur du Laboratoire de Physiologie de la Perception et de l’Action du Collège de France. Avec l’installation « La chambre blanche qui bouge » (La tentation de voir »), il s’agit d’explorer l’incertitude qui s’ouvre entre stabilité et instabilité, entre égomotion et allomotion. Le visiteur entre dans une chambre blanche de 30 m2, posée en déséquilibre sur des vérins commandés par ordinateur qui se meut, - à son insu -, de manière très infime et en fonction de son déplacement. Une sensation « indécidable » le saisit alors, une hésitation dont il ne peut se départir. L’espace fait jouer plusieurs états perceptifs dans le blanc et provoque une sensation paradoxale et indécidable entre apparition et disparition d’images, entre illusions visuelles et corporelles, entre une quasi-absence de perception, visuelle, sonore, et une sorte d’éblouissement. Renversement de l’espace sonore Les questions de la perception du déséquilibre m’ont conduit à travailler à la création d’une installation basée sur une bande de mœbius sonore, dont le mouvement spatialisé tourne autour du visiteur et opère une torsion dans l’espace où elle se déploie. Le corps du spectateur devient, ici, le centre de gravité du déséquilibre. Il s’agit ici, dans cette « spatialisation » de créer la sensation d’un renversement de l’espace sonore. Un prototype d’enceintes de projection directionnelle du son est utilisé (développé au MIT) Tout en étant spatialisé, le son est audible depuis un seul endroit, celui où se trouve le spectateur. Ce projet de recherche et de création expérimentale « Renversement de l’espace sonore » se mène en collaboration avec Hugues Genevois, Ingénieur de Recherche Laboratoire Acoustique de Jussieu et Charles Bascou, Ingénieur de Recherche au Centre National de Création Musicale (GMEM) qui développent pour ce projet des applications spécifiques concernant la « spatialisation du son dans le cadre du renversement de l’espace sonore et sa perception tant corporelle qu’auditive par le spectateur.

Mots clés

Art numérique, réalité virtuelle, image de synthèse tridimensionnelle, immersion, interactivité, perceptions ego et allocentrique , égomotion et allomotion, perception du déséquilibre, perceptions exquises, spatialisation du son, espace sonore.

Articles

-* « Perception, Représentation. De la Chambre Blanche qui bouge au renversement de l’espace sonore », dans le cadre du colloque « Rencontres de La Réalité Virtuelle et des Arts Numériques » au Centre des Arts d’Enghien, à paraître fin 2007, revue Arts et Technologies de l’Image n° 3. « Hommage à Piotr Kowalski », Revue Leonardo (Co-écrit avec Jean Delsaux), 2005

Liens avec l’international

-* Exposition-Conférence, Galerie d’Art Contemporain SPAZIO MINERVA de Montescudaio (Italie), 2005. -* La chambre blanche dont chacun des éléments a été pensé comme trouble spatial dans une quasi-immobilité, a fait l’objet d’une commande de la Galerie d’Art Contemporain SPAZIO MINERVA de Montescudaio (Italie). Dans le cadre d’une résidence, elle a été entièrement refabriquée, repensée et adaptée au lieu d’exposition et présentée au public durant une période trois mois, juillet 2005. Ce travail a été présenté dans le cadre d’une conférence « Visioni instabili » animée par Sandra LISCHI, Responsable du Département audiovisuel de l’Université de PISA.